La hiérarchie parmi les bactéries
photographie : Olivier Martin Delange
Les travaux d’une équipe conjointe Institut Pasteur/CNRS/INSERM ont
découvert que la régulation de la flore intestinale serait en partie
gouvernée par un mécanisme immunitaire. Et lui-même serait initié par…
un certain type de bactéries. (voir le communiquer de presse : ICI)
Les bactéries (et levures) qui vivent en symbiose dans nos intestins
assurent une grande partie de notre digestion, ainsi qu’un rôle de
protection en formant un « manteau bactérien » autour de l’intestin, le
préservant ainsi des agressions d’agents pathogènes. Mais, lorsque leur
développement n’est plus régulé, elles peuvent proliférer, et devenir
ainsi pathogènes à leur tour.
Grâce à une réaction biologique en chaîne, certaines de ces bactéries
permettraient à notre système immunitaire de contrôler la prolifération
de toutes les espèces de bactéries qui forment le zoo de notre ventre !
Cette action est essentielle. Elle évite en effet que les constituants
de la flore intestinale ne deviennent pathogènes, provoquant alors des
maladies intestinales. Maladies infectieuses comme les diarrhées par
exemple, maladies inflammatoires comme la maladie de Crohn et d’autres
affections inflammatoires chroniques, aux conséquences souvent très
invalidantes
Dans une publication parue dans Nature, Gerard Eberl et son groupe,
décryptent, étape par étape, un mécanisme par lequel est maintenu cet
équilibre entre la flore commensale intestinale et le système
immunitaire. Les chercheurs mettent plus précisément en évidence
comment certaines bactéries déclenchent une réponse immunitaire en
chaîne.
Partout où portent notre regard et nos prospections scientifiques, tout
est système, et système autorégulé. Tout… sauf nous. Avant que les
limites de la biosphère ne marquent un coup d’arrêt à notre expansion
virale il serait temps de se raccorder avec cette règle universelle de
la mesure et de la conformation aux besoins/capacités de notre
environnement.